Moments de vie

Froid et moi, on fait définitivement deux

Le froid…
Me voici de retour, après quelques semaines d’éclipse. J’étais en France, en hiver, dans le froid… Quelle idée !
Bien entendu, j’avais pensé à écrire quelques articles en avance pour pouvoir les programmer. C’était sans compter sur le « je-projette-mais-je-ne-fais-pas ». Je ne vais pas me chercher des excuses, et même j’avoue que j’avais procrastiné. Le plus important à ce moment-là ? J’avais bien profité de mon séjour de vacances d’hiver, ou plutôt de semi-vacances d’hiver – oui, j’avais quand même travaillé un peu…

Chemin recouvert de neige, rayon de soleil
Le matin, je découvrais un magnifique manteau blanc qui tapissait le petit chemin du village.

Le froid et moi

Moi, pourtant qui suis née dans une région où l’hiver flirte presque avec le 0°C, à Antsirabe sur les hautes-terres de Madagascar. Je ne me rappelle pas avoir tellement souffert du froid. Peut-être parce que j’étais jeune, et que j’avais la « cuirasse » qui supportait mieux la sensation du froid. Ou était-ce parce que l’hiver est différent ? L’hiver austral… que l’on vit de juillet à septembre.

Ou tout simplement, je me rends à l’évidence ? Je vieillis, je vioque, je m’use, je décline, ou quels autres termes encore pour le dire ?  Je commence à avoir la peau qui brûle – de froid – à la moindre baisse conséquente de température. Il est vrai que j’avais toujours ouï et lu que plus on avançait en âge, plus on était sensible au froid. Je commence à bien le sentir.  Bon, allez,  j’exagère un peu, je n’ai pas non plus soixante-dix ans, mais pour dire que je n’en ai plus vingt non plus. Ha ha.  En réalité, j’ai un problème de circulation sanguine, raison pour laquelle je suis sensible. Mais avec la pratique du yoga, je commence à me sentir mieux.

Dans le froid mais heureuse

Ainsi, je disais plus haut que j’avais bien profité de mon séjour car malgré le froid, j’étais heureuse de retrouver des personnes chères, et que je n’avais plus revues depuis au moins deux ans. Bien entendu, il y a les messageries instantanées pour discuter et se parler tous les jours, si non régulièrement. Mais tout comme moi, vous savez que rien ne vaut le contact physique et réel.

C’était de merveilleux moments ! Les embrassades, les accolades, les échanges de regard, les rires, les sourires, les souvenirs, les discussions autour d’un verre ou d’une bonne tasse de thé bien chaude, les balades, les moments shopping pour trouver des cadeaux, les moments des repas, et j’en passe. Il y avait eu quelques moments d’agacement aussi ou de déception par rapport à certaines circonstances, mais valait mieux en rire qu’en pleurer. 
Bref, tout ce qui était possible comme moments de partage. On était heureux chacune et chacun de ces retrouvailles. Et c’était merveilleux.
D’autant plus merveilleux que j’avais été accueillie et chouchoutée comme une princesse. Quoi de plus épanouissant lorsqu’on est aux petits soins pour vous et qu’on vous offre toute l’attention du monde. Se laisser faire et oublier le temps d’une parenthèse tout ce qui vous préoccupe quotidiennement en tant que femme et mère.

Le froid et la beauté de la neige

Je connaissais déjà la neige lors de mes précédents séjours en France, mais jusqu’alors, je n’en avais pas eu autant ou alors je la voyais de loin.  Ce n’était pas non plus ce qu’il m’emballait le plus, moi la fille du soleil, la femme de la Grande Île.
Et là, au réveil d’un certain matin, j’étais en émerveillement devant la majestuosité de ce manteau blanc qui recouvrait les toits des chalets et qui dissimulait entièrement les barrières en bois et les haies de cyprès servant de clôtures. Cette cape immaculée qui revêtait les sapins et autres types d’arbres comme pour les habiller et qui tapissait les différentes petites routes et chemins du village. Un manteau blanc qui s’étendait jusqu’aux cimes des montagnes, majestueux et fiers, dressés non loin de mon point d’observation.
« Waouh, comme c’est magnifique ! », m’exclamais-je, et j’avais goûté pleinement au plaisir de me retrouver dans cette nature incomparable.

J’avais fermé les yeux à ce moment. Mon esprit m’avait fait sentir et ressentir une grande légèreté dans cet univers hivernal. Mon âme s’était envolée au-dessus de cette immensité de pureté pour me faire prendre conscience de la beauté de ce qui est simple. D’autant plus qu’il régnait un calme indescriptible. Le silence. Un trésor que le silence. Au bout de quelques secondes, j’entendais juste les souffles émanant de ma respiration. Et les battements de mon coeur. Et aussi le doux murmure du ruisseau en contre-bas. Quelle quiétude ! Un sourire s’était esquissé sur mes lèvres pour goûter pleinement à ce moment.

Ma réaction au froid

Mais… au bout de quelques minutes, mon enveloppe corporelle m’avait fait redescendre de mon rêve de l’immaculé. Oui, je sentais mes doigts qui commençaient à s’engourdir. Je ne ressentais plus aucune sensation de chaleur. J’avais l’impression que plus aucune goutte de sang circulait dans mes veines à ces endroits de la « machine », ma machine à moi. Ma machine mais également le temple de mon âme pour lequel je dois le respect. Il fallait que je retourne au chaud.

La douleur que je ressentais dans les bouts de mes doigts et dans mes orteils était presque lancinante. Mes doigts et mes orteils… je ne les sentais absolument plus. Et à ce moment-là, mon grand engourdissement m’avait fait rappeler le reportage d’Enquête Exclusive que j’avais vu à la télévision quelques mois auparavant, sur la vie des gens dans une région en Russie qui s’appelle Iakoutsk, où la température pouvait descendre jusqu’à – 50° C et où les amputations de membres sont légion à cause du froid extrême. Souvent, à cause du manque d’équipements et de perception.
C’était d’ailleurs mon cas, puisque je n’avais pas vraiment les vêtements qu’il fallait pour pouvoir rester longtemps dans de telles températures.

Le froid, y vivre, c’est définitivement non

Oui, le paysage hivernal était magnifique et j’avais adoré. Et pourtant, je n’y vivrai pas car je ne pourrai pas. Je ne m’étais pas plainte du froid, non. J’avais vécu ces instants comme des moments magiques. Mais je n’y vivrai pas…
Peut-être aussi parce que ma condition physique ne me le permet pas et que si je n’étais pas si sensible au froid, j’aurais probablement un autre avis. Dans tous les cas, je n’aime pas être enfermée dans les vêtements et il n’y a rien de mieux pour moi que de sentir la chaleur naturelle sur ma peau.

“Froid” et moi, c’est sans appel, nous faisons définitivement deux !

4 Comments

  • leti

    Salut, je suis contente de te lire de nouveau. Cela faisait longtemps.
    Ton sujet du jour me fait sourire car cette semaine nous avons parlés avec mon mari que nous n’excluons pas de partir vivre et découvrir d’autres horizon mais sans savoir où… nous nous sommes dit que nous ne pourrions pas vivre dans un pays où les conditions sont extrêmes et où par exemple il fait trop froid.

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    • AlinaRakotosonBabelon

      Salut Leti, merci beaucoup pour ta charmante attention !
      Ah oui ? Comme quoi… ☺
      C’est clair que les conditions météorologiques sont primordiales dans le choix d’une nouvelle destination de vie.

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  • Niv

    Salut Alina! Merci beaucoup pour cette histoire riche d’émotions et très inspirante. A la lecture, on s’y croirait être sur place, dans la nature, … 🙂

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    • AlinaRakotosonBabelon

      Coucou Niv 🙂
      Je suis très touchée par tes mots, merci beaucoup à toi pour ta lecture et ton appréciation !
      Bisous

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